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merci pour ton superbe commentaire sur cette chanson des plus marquantes de dire straits. comme toi, sans comp
Par Anonyme, le 01.10.2025
l’interprét ation de joan baez arrive encore à magnifier cette magnifique chanson
Par Anonyme, le 18.06.2025
merci pour cette analyse tellement juste de notre génie poète.
ce fût un plaisir de vous lire
Par Anonyme, le 06.06.2025
merci pour cette traduction.
j'écoute très souvent cette chanson riche de ce message qui exprime la bêtise h
Par Anonyme, le 24.05.2025
je pense et même je le souhaite au plus profond de moi, qu'un jour une école de france pays initiateur des dro
Par Anonyme, le 02.10.2024
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Date de création : 08.07.2011
Dernière mise à jour :
29.01.2026
452 articles
Cry macho
De Clint Eastwood
Je viens d’assister à la projection du nouveau film réalisé par Clint Eastwood. Depuis sa sortie, j’ai entendu pas mal de choses à son sujet. Du bon et du moins bon. Cela ne m’a en rien guidé dans mon choix car je fais confiance à mon flair, que ce soit en matière de cinéma ou de livres.
Cry macho, donc. J’ai lu dans je ne sais quel article que c’était le film somme de l’œuvre du grand Clint, une sorte de testament. J’ignore où ces gens ont vu ça, ou bien ils prennent des trucs illicites. Ce qui est sûr, c’est que le cinéaste de 91 ans jette un œil dans le rétroviseur et nous offre quelques clins d’œil, de là à dire que ça va plus loin...mais c’est subtilement fait. C’est beau.
La scène d’ouverture, magnifique de dépouillement, avec cet homme seul et âgé qui arrive en voiture, sous un soleil qui pourrait être d’hiver, l’hiver de la vie. La bande-son qui accompagne, qui pourrait être chanté par Red Stovall, le personnage incarné par Clint dans Honkytonk man en 1982. Un de ses meilleurs films. Il me semble que la filiation est très claire avec Cry macho. Un périple, un homme mal en point, un gosse, une quête. Clint Eastwood ajoute une quatrième pierre à ce fil rouge entamé justement avec Honkytonk man. La relation adulte-enfant, maître-élève, qui se poursuit avec Un monde parfait et ensuite Gran torino. Si je bouscule les genres, je peux même ajouter Million dollar baby, avec la relation entre Franck Dunn et Maggie. On se trouve dans cette lignée, même si l’impression que laisse Cry macho est au premier abord moins puissante, d’un dépouillement de jésuite.
Moins puissante parce que Clint, désormais dans le grand âge, occupe toute la place, et qu’il ne nous épargne rien de ce qu’il est, un homme de 90 ans, parcheminé, fatigué, vouté, qui traine un peu la patte. Se filmer de la sorte, sans fard, c’est couillu. Couillu mais sans avoir recours à la violence d’un combat de coqs. C’est très émouvant de le voir, Harry le charognard, Will Munny, Robert Kincaid, Blondin, fragile à l’image, presque frêle, prêt à casser comme du verre. C’est sans doute cela qui a gêné ceux qui n’ont pas aimé Cry macho, la déconstruction de la légende. Pourtant, ce pilonnage du mythe ne date pas d’hier.
Dès l’immense succès de L’inspecteur Harry en 1971, l’acteur donne un premier coup de pioche à sa statue en se mettant en scène pour sa première réalisation dans le rôle de la victime, dans Un frisson dans la nuit. Il récidive la même année, avec Don Siegel à la réalisation dans Les proies, un western à huis-clos où il campe un soldat blessé qui part en petits morceaux façon puzzle sous le joug de bonnes sœurs pas très catholiques.
Il a continué, malgré des séquelles de Harry (trois au total), à tailler dans le muscle du héros fringant, notamment dans L’épreuve de force où il se fait malmener par une femme et dans lequel le personnage qu’il incarne, Ben Shockley, est en outre un peu long à la comprenote.
Lorsque j’ai vu La mule, après l’ultime scène, j’étais certain que c’était les adieux de Clint au cinéma en tant qu’acteur. Tout était parfait. Cette ultime vision de lui, un chapeau de paille sur la tête, une fleur à la main, c’était le contre-poids sublime aux personnages qui lui ont apporté la célébrité, arme au poing, L’homme sans nom et Dirty Harry.
Mais Clint est un homme plein de surprises. Mais cette fois, c’est bien son dernier tour de piste devant la caméra.
Cry macho, c’est d’abord l’osmose. L’osmose entre le vieil homme à l’écran, qui se meut avec lenteur, dans des gestes prudents, et la caméra qui le suit à la même allure. Il en découle une étrange atmosphère, planante, appuyée par la musique additionnelle de Clint en personne. Avec le personnage de Mike Milo, il nous dit la fin d’un parcours hors norme, dans des décors d’un dépouillement absolu. Comme si les paysages avaient perdu quelque chose au fil du temps, subtile et magnifique allégorie de la vieillesse. Il faut le voir faire la sieste, dans cet ersatz d’église, silhouette étique allongée dans une semi-pénombre, les mains croisées sur la poitrine, tel un gisant parvenu là pour mourir. Cette scène, et les confidences qui vont avec (entre Mike et le gamin), est une des plus belles du film, poignante sans être mélodramatique.
On comprend que Mike Milo est un homme qui court toujours après une forme de rédemption, d’un modèle spécial, dans le genre dette à honorer plutôt que faute à réparer. Et c’est aussi un homme brisé par un drame qui cherche depuis des décennies une source de joie, ou la joie, de vivre, de se lever le matin, d’apprécier la lumière du soleil, un sourire, le plissement d’un œil rieur, l’allure d’un cheval au galop.
L’enfant lui, veut quitter la nuit pour le jour, abrite un rêve entre ses mains comme on protège un feu fragile du souffle du vent. Et sans éventer la fin, qui est tout en subtilité encore une fois, finement réussie, on comprend une foule de choses. On comprend que ce coq, fil rouge du film, ce Macho, ne représente plus la fierté des Mâle, la testostérone par litres, mais une autre forme de puissance, que je vous laisse découvrir si vous décidez d’aller voir ce film.
Cry macho dit autre chose, que si l’on est animé de bonnes intentions, on finit toujours par trouver un endroit pour être heureux.
Dans la poussière décharnée du Mexique, Clint, qui a tant chevauché depuis ses débuts dans Rawhide et avec Sergio Léone, nous offre une ultime image de lui montant un cheval, un mustang forcément, mais comme il faut boucler la boucle, s’il arbore bien un chapeau de cow-boy, il ne porte plus de révolver à la ceinture. Et il est magnifique, bien droit, calé dans la selle comme jamais, il fait réapparaître l’espace d’une seconde, le cavalier sans nom de Pale rider.
Et une phrase lâchée l’air de rien au détour d’une scène m’a frappé : je ne sais pas comment soigner la vieillesse.
Cry macho est moins consistant que Gran torino, en partie parce que c’est un road-movie, et que les personnages passent comme des panneaux indicateurs sur la route. De la route et des voitures, voilà qui plaira Bruce Springsteen. Clint n’est pas tombé dans la facilité, notamment dans les dialogues. Car il joue un yankee au Mexique. Problème de langue. D’autres auraient balayé ce souci en faisant parler les mexicains comme les yankees, ou auraient sous-titré. Clint lui, se sert du gamin pour faire l’interprète, cela lui donne de l’épaisseur de l’humanité.
Cry macho n’est pas le grand film que je subodorais, mais c’est un beau film, tout en douceur, qui va bon train (de sénateur), comme un jour agréable qui s’éteint dans un crépuscule flamboyant, sans remous, sans artifice. Un film sur les choix que l’on fait, que l’on ne fait pas, que l’on peut encore faire. Un film sur la vie qui passe, avec ses coups tordus, ses bons moments.
Dernier clin d’œil du grand Clint à sa filmographie, la dernière scène, qui me rappelle celle de Million dollar baby, quelque chose comme ça.